jeudi 12 février 2009

AFFAIRE CNSS: Le jeu trouble de certains confrères

Depuis la publication, dans notre précédente édition, de l’article sur «les non-dits du rapport de la Cour des comptes, certaines personnalités citées font des pieds et des mains pour redorer leur blason, aidés en cela par des journalistes démarcheurs à qui ils ont confié la mission d’administrer la preuve qu’ils ne doivent plus rien à la CNSS ou qu’ils sont toujours dans les délais de paiements et continuent de s’exécuter. Ainsi, des confrères qui connaissent certainement mieux que nous le code de l’information, ont publié le droit de réponse de Boureima Badini. Le Code de l’information est clair: le droit de réponse doit être publié dans le journal où l’article incriminé a été publié. Mais le quotidien Sidwaya a foulé aux pieds cette règle fondamentale. Tellement il tenait à publier le droit de réponse qu’il a biffé trois mots «Droit de réponse» qui introduisait l’écrit de Boureima Badini, pour les remplacer par trois autres mots «Point de vue». Le quotidien Le Pays a lui aussi trouvé une formule: il a publié un très large extrait du droit de réponse. Bref, c’est frustrant de voir que des individus restés au frais dans leurs bureaux, essaient par des méthodes diverses, de saper les efforts du «Reporter». Nous interpellons humblement le Conseil supérieur de la communication (CSC) sur ces pratiques inélégantes, non confraternelles et illégales de ces quotidiens et saluons la sagesse et l’honnêteté intellectuelle de ceux qui ont reçu ce droit de réponse et ont fait droit à ce qui devrait être. Bref, passons!
Nous avons ensuite été saisis par Seydou Diakité et par ses «envoyés spéciaux». Encore des journalistes! Et comme cela se doit, nous avons exigé qu’il nous apporte les documents attestant qu’il avait soldé sa dette. Il ne nous a apporté qu’une copie de son PUH et du contrat qu’il a signé. Cela suffit-il ? Certainement pas! Nous avons recueilli, à ce sujet, l’avis d’un spécialiste du droit qui nous a certifié que le PUH ne saurait, seul, constituer une preuve que Monsieur Diakité a fini de payer ce qu’il doit à la CNSS. Un avocat nous a même donné l’exemple d’un de ses clients qui a eu des démêlées judiciaires avec une société immobilière de la place qui lui exigeait des preuves de paiement de la totalité de ce qu’il devait à ladite société alors qu’il était détenteur de son PUH. Pourtant, dans le contrat de celui-ci, il a été clairement stipulé que l’obtention du PUH était conditionnée par le paiement intégral du montant dû à la société immobilière.
Pour le cas de Seydou Diakité, l’article 17 de son contrat dit que «la délivrance par la CNSS à l’acheteur-acquéreur du permis urbain d’habiter (PUH) établi au nom de celui-ci met de plein droit fin au contrat de vente d’une villa de Ouaga 2000». Mais il y a l’article 12 du même contrat qui stipule qu’ «au terme du paiement intégral du prix de cession de l’immeuble, un acte de vente dûment signé et enregistré transférera la propriété de l’immeuble à l’acheteur-acquéreur». Nous lui avons donc demandé, du moins à ses envoyés, «cet acte de vente dûment signé et enregistré» ou, à défaut, une quittance ou encore tout autre document délivré par la CNSS ou qui de droit, pour attester que l’ex-Président de la Fédération burkinabè de football (FBF) ne doit plus un kopeck à la CNSS. Nous attendons toujours. Curieusement, nous apprenons par «Le Pays» dans sa livraison du vendredi 23 janvier 2009 dans la rubrique ‘Pot Pourri’ que la Rédaction du quotidien a en sa possession des documents attestant «qu’il a fini de payer ce qu’il devait à la CNSS, à la date du 22 Août 2007». En toute confraternité, nous voudrions ici féliciter le quotidien pour sa perspicacité, un quotidien où nous avons été préalablement journalistes avant de démissionner. En tous cas, Seydou Diakité ne nous a fourni que la copie du PUH délivré le 24 avril 2008 par le maire de l’arrondissement de Bogodogo et non par la CNSS comme écrit dans son contrat.
Au demeurant, notre souci n’étant pas d’incriminer qui que ce soit, ni de jouer les Zorro mais de rendre compte de faits que nous croyons importants pour la vie publique nationale, nous ne pouvons que nous réjouir que les actions de la Cour des comptes trouvent un écho favorable chez certains citoyens accusés d’être mauvais payeurs! Ce qui est inquiétant, c’est tout ce branle-bas médiatique qui a tendance à jeter le flou dans l’opinion publique. Comme l’a écrit notre confrère JJ, Le Reporter n’a rien inventé. La plupart des informations contenues dans l’article proviennent du Rapport de la cour des comptes. Nous avons simplement essayé de compléter certaines informations notamment les non-dits flagrants (les noms de ceux qui ont été identifiés dans le rapport par le terme «des personnalités »). Et Dieu seul sait combien ce ne fut pas facile. Nous avons retardé notre parution de plus d’une semaine pour pouvoir boucler ce travail qui a duré près d’un mois. Lisez-le bien; il n’y a pas que les noms des personnalités concernées. Il y a d’autres informations concrètes. Contrairement à notre confrère JJ, nous pensons qu’il y a «un os» et que le plus inquiétant, nous semble-t-il, c’est moins «à qui profite les révélations?» comme l’a écrit ce journal, mais plutôt cette «gestion informelle» des cotisations sociales des travailleurs pour leurs vieux jours! A qui la lecture du rapport de la Cour des comptes ne suscitera pas, ne serait-ce que par curiosité intellectuelle, ce besoin de savoir qui sont ces personnalités qui ont pris des engagements aussi forts et qui ne les respectent pas? En tous cas, au journal Le Reporter, nous avons été intrigués et avons décidé, en toute indépendance, de percer le mystère. C’est tout simple!

La Rédaction

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